Depuis quelques mois, l’image de l’industrie de la construction en prend pour son rhume. Les scandales font la une des journaux et on écoute les bulletins de nouvelles en se demandant quel sera le nouveau chapitre de cette saga. Quoi qu’il en soit, des enquêtes sont en cours et nous laissons le soin aux autorités de prendre les mesures qui s’imposent s’il y a lieu.
Cependant, il semble que certaines personnes aient trouvé un filon intéressant et se servent des informations qu’elles détiennent pour noircir le portrait de notre industrie ou pour régler des comptes. C’est ainsi que sous le titre «La qualité de la construction souffre du manque de surveillance de la Régie»1 on pouvait lire: «La majorité des groupes ont accordé une grande importance au fait qu’il faille augmenter le niveau de qualité de la construction... C’est l’aspect financier qui dirige la qualité, on fait ça rapidement pour vendre au plus vite... Le manque de formation continue est flagrant.» On peut aussi y lire que la qualité de la construction laisse à désirer, notamment parce que la Régie n’exerce pas assez de surveillance sur les chantiers.
Si nous ne pouvons nier qu’il existe des problèmes, nous regrettons que l’idée générale qui ressort de l’article soit que la construction au Québec souffre du manque de qualité. Pour un bâtiment ou un viaduc qui s’écroulent, combien de projets suscitent l’admiration et font la fierté de ceux qui les ont réalisés, en partant du travailleur jusqu’à l’architecte? Combien font le bonheur des utilisateurs?
La majorité des entrepreneurs de construction sont des professionnels qui se font un devoir d’exécuter leur travail consciencieusement et nous ne devons pas laisser entacher ainsi notre image sans rien dire. Les associations de consommateurs ont-elles pris en compte le phénomène de ceux qui demandent à l’entrepreneur d’installer du matériel de moindre qualité et parfois non approuvé acheté dans les grandes surfaces? Les associations d’architectes, les entrepreneurs généraux et les propriétaires se sont-ils posé la question sur leur niveau de responsabilité dans l’exécution des travaux? On préfère pointer du doigt la Régie du bâtiment du Québec en mettant la faute sur le manque d’inspection. Nous sommes loin du thème mis de l’avant par la CCQ il y a quelques années: Fiers de bâtir ensemble.
Du côté de la formation continue, la CCQ a compté environ 15000 inscriptions de travailleurs aux activités de perfectionnement l’an dernier. Nos membres ne sont pas en reste puisque la participation aux cours offerts par la CMMTQ a atteint un niveau record au dernier semestre. Tout n’est pas parfait en matière de compétence, mais tout n’est pas gris non plus.
Nous discutons avec la Régie du bâtiment depuis plusieurs années quant à son mandat d’inspection et nous sommes de ceux qui désirent une présence importante d’inspecteurs qualifiés sur les chantiers pour identifier les délinquants et pour soutenir les bons entrepreneurs qui peuvent bénéficier de leur expertise. Nous sommes d’autant plus justifiés d’intervenir en raison des frais que nous payons en plomberie, qui s’appelaient d’ailleurs jusqu’à tout récemment Frais d’inspection.
Il n’en demeure pas moins que la Régie est un partenaire, tout comme le sont les autres intervenants de l’industrie de la construction et que nous aurions intérêt à travailler tous ensemble à la solution de nos problèmes au lieu de rejeter la faute sur les autres. La Corporation est toujours prête à travailler dans ce sens et se fera un devoir d’échanger dans un contexte positif pour le bien de notre industrie et du public en général.
Le président,Alain Daigle