Problèmes d’approvisionnement dans la construction : rétablir la situation… et la confiance !

Article publié le 15 août 2022

Depuis plus d’un an, les entrepreneurs sont aux prises avec des problèmes majeurs en matière d’approvisionnement en matériaux et en équipements : rupture de stock, délais de livraison, hausses imprévisibles et marquées des prix, absence de garantie de prix, etc.

Cette situation met non seulement à mal la rentabilité des entreprises, mais peut même menacer leur pérennité, particulièrement dans un contexte où la plupart des contrats sont de nature forfaitaire, empêchant l’ajustement des prix en cours d’exécution. Des pénalités pour retards peuvent aussi s’avérer extrêmement sévères, alors que les entrepreneurs n’ont souvent aucun contrôle sur l’approvisionnement de certains équipements.

Alors que nous avions fait le point sur la situation l’an dernier, une mise à jour s’impose.

L’avenir à court terme

L’avenir est évidemment difficile à prévoir. Après la pandémie qui a mis à mal toute la chaîne d’approvisionnement, la guerre en Ukraine a éclaté, ce qui a entraîné une hausse vertigineuse du prix du carburant, dans un contexte où la demande demeure très élevée pour l’industrie de la construction.

Néanmoins, les fabricants et les distributeurs en mécanique du bâtiment s’entendent pour dire que la situation s’améliore. Le marché se calme et 2022 ne sera pas aussi catastrophique que l’an dernier en matière de difficulté d’approvisionnement et de prévisibilité. Les fabricants recommencent à pouvoir garantir des prix aux entrepreneurs pour des périodes pouvant aller de 6 mois à un an, ce qui était impensable il y a quelques mois à peine. Cette garantie est pourtant nécessaire pour l’entrepreneur qui veut soumissionner à un juste prix à son client et conclure un contrat pour un montant forfaitaire.

La confiance au cœur des relations

Votre président et des membres du conseil d’administration de la CMMTQ ont récemment rencontré des représentants de l’Institut canadien de plomberie et de chauffage (ICPC), comme ils l’ont fait l’an dernier. À cette occasion, ils ont discuté des difficultés d’approvisionnement qui perdurent et des pistes de solution à envisager. Nos membres se plaignent notamment de la hausse de prix sans préavis et des prix obtenus qui ne tiennent plus lors de l’achat ou de la livraison. Cette situation est intenable en cas de contrats forfaitaires, ce qui constitue la norme dans l’industrie. Comment fonctionner avec un prix accepté par le client, mais qui ne tient plus lors de l’exécution des travaux ?

Vos représentants ont plaidé pour le renforcement du lien de confiance entre les partenaires que sont les fournisseurs et les entrepreneurs dans un projet, au bénéfice du client. La dernière année a comporté son lot de défis à cet égard. Les parties ont réitéré leur intention d’améliorer la communication et d’intensifier les échanges en ces moments incertains, afin d’accroître la prévisibilité, véritable nerf de la guerre de notre industrie.

Par exemple, nous souhaitons que les fabricants et les distributeurs qui détiennent l’information sur les variations de prix à venir la communiquent dès que possible aux entrepreneurs afin d’éviter d’être mis devant un fait accompli. La transparence doit être au rendez-vous pour minimiser les impacts de la crise. La confiance doit être au cœur de nos relations.

La clé : communiquez !

Dans les circonstances actuelles, la communication avec vos fournisseurs, les intervenants d’un projet et vos clients est d’autant plus importante.

Dès la préparation de votre soumission, communiquez avec votre fournisseur et même le fabricant impliqué pour connaître la disponibilité du matériel et le prix. Assurez-vous que les communications avec votre distributeur se rendent au fabricant, et vice versa. Pour des projets plus longs, discutez des augmentations annuelles à prévoir. Dans tous les cas, il est important de discuter en amont avec les fournisseurs afin d’obtenir une garantie de prix pour une longue période de soumission ou d’exécution.

En ce sens, il est recommandé d’échanger efficacement avec les professionnels et les autres intervenants d’un projet pour mieux connaître l’échéancier, et ainsi mieux prévoir l’approvisionnement.

Enfin, la communication avec les clients est également primordiale. Elle permet notamment de les informer du contexte volatil actuel, et de trouver des façons de répartir les risques équitablement entre tous. L’entrepreneur n’a pas à porter seul la totalité de ce fardeau. Ainsi, des clauses d’ajustement de prix pourraient être négociées pour les contrats forfaitaires. D’autres types de contrats pourraient également être privilégiés, comme ceux à temps-matériel.

Les représentations

Avec nos partenaires patronaux de l’industrie de la construction, nous poursuivons les représentations auprès des donneurs d’ouvrages, particulièrement ceux du secteur public, pour les conscientiser à la réelle difficulté des entrepreneurs de soumissionner présentement et de garantir leur prix pour 60 ou 90 jours, alors que les travaux pourraient débuter dans un an. Nous leur présentons des pistes de solutions, comme des clauses d’ajustement de prix qui seraient applicables pour les matériaux et le carburant, dans certains cas.

Nous avons obtenu de la Société québécoise des infrastructures (SQI) l’utilisation de ce type de clause dans certains contrats afin d’équilibrer davantage les risques reliés à la volatilité des prix des matériaux. Nous vous invitons à vérifier les documents d’appel d’offres à ce sujet, et à consulter notre article pour en connaître davantage sur le processus de la SQI.

Enfin, nous voulons également amener les donneurs d’ouvrages à dédommager les entrepreneurs qui, pour leurs contrats en cours, subissent des augmentations exceptionnelles et imprévisibles lors du dépôt de la soumission.

Nous vous tiendrons informés de tout développement à ce sujet, car l’industrie est mobilisée et agit pour que les choses bougent.

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